Chateaubriand : « Itinéraire de Paris à Jérusalem »

im eshkakhekh Yéroushalaïm

im eshkakhekh Yéroushalaïm, « Jérusalem si je t’oublie » -Théhilim 137)

ה  אִם-אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלִָם–    תִּשְׁכַּח יְמִינִי. Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite m’oublie !
ו  תִּדְבַּק-לְשׁוֹנִי, לְחִכִּי–    אִם-לֹא אֶזְכְּרֵכִי:
אִם-לֹא אַעֲלֶה, אֶת-יְרוּשָׁלִַם–    עַל, רֹאשׁ שִׂמְחָתִי.
6 Que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir, si je ne place Jérusalem au sommet de ma joie !

Chateaubriand,  Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1802  :

« Tandis que la nouvelle Jérusalem sort ainsi du désert, brillante de clarté, jetez les yeux entre la montagne de Sion et le Temple ; voyez cet autre petit peuple qui vit séparé du reste des habitants de la cité. Objet particulier de tous les mépris, il baisse la tête sans se plaindre; il souffre toutes les avanies sans demander justice ; il se laisse accabler de coups sans soupirer; on lui demande sa tête: il la présente au cimeterre. Si quelque membre de cette société proscrite vient à mourir, son compagnon ira, pendant la nuit, l’enterrer furtivement dans la vallée de Josaphat, à l’ombre du temple de Salomon.

Pénétrez dans la demeure de ce peuple, vous le trouverez dans une affreuse misère, faisant lire un livre mystérieux à des enfants qui, à leur tour, le feront lire à leurs enfants. Ce qu’il faisait il y a cinq mille ans, ce peuple le fait encore. Il a assisté dix-sept fois à la ruine de Jérusalem, et rien ne peut le décourager ; rien ne peut l’empêcher de tourner ses regards vers Sion.

Quand on voit les Juifs dispersés sur la terre, selon la parole de Dieu, on est surpris sans doute mais pour être frappé d’un étonnement surnaturel, il faut les retrouver à Jérusalem ; il faut voir ces légitimes maîtres de la Judée esclaves et étrangers dans leur propre pays; il faut les voir attendant, sous toutes les oppressions, un roi qui doit les délivrer. Ecrasés par la Croix qui les condamne, et qui est plantée sur leurs têtes, cachés près du Temple dont il ne reste pas pierre sur pierre, ils demeurent dans leur déplorable aveuglement. Les Perses, les Grecs, les Romains ont disparu de la terre ; et un petit peuple, dont l’origine précéda celle de ces grands peuples, existe encore sans mélange dans les décombres de sa patrie. Si quelque chose, parmi les nations, porte le caractère du miracle, nous pensons que ce caractère est ici. »

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