VAYE’HI : au delà de nos morts


Jacob pleure Jospeh

Jacob pleure son fils Joseph, Marc Chagall

Jacob vécut

La dernière sidra de Berechit qui raconte la mort de Jacob est intitulée « Jacob vécut » tout comme la paracha qui racontait la mort de Sarah était intitulée ‘Hayé Sarah, « les vies de Sarah ».

Déjà dans la paracha précédente le Pharaon demandait au vieil Israël :

« « Quel est le nombre des années de ta vie ? » Et Jacob répondit à Pharaon : « Le nombre des années de mes pérégrinations, cent trente ans. II a été court et malheureux, le temps des années de ma vie et il ne vaut pas les années de la vie de mes pères, les jours de leurs pérégrinations. » » (Gn 47, 8-9)

Rachi commente cela en disant : « Les années de mon état d’étranger (guér). Toute ma vie, j’ai été étranger sur terre ». Jacob a vécu en étranger aux jeux de pouvoir de ce monde. Lire la suite de « VAYE’HI : au delà de nos morts »

Comment Csanad Szegedi, cadre du Jobbik (extrème droite hongroise)… a fait sa Bar Mitzvah !


Un jour de 2012, Szegedi, 30 ans, Haut responssable du parti ultranationaliste et antisémite Jobbik en Hongrie, au Parlement européen, découvre… que son adorable grand-mère est juive, survivante d’Auschwitz.

Pourtant, il y a seulement quelques années, le même homme méprisait les Juifs, les considérant comme une sinistre cabale de spoilers intrigants, de malfaiteurs congénitaux, une cinquième colonne cosmopolites qui entravait les aspirations légitimes de la Hongrie en tant que fière et prospère nation chrétienne au coeur de l’Europe !

Chassé de son parti, il se fait circoncire et célèbre sa bar Mitswah.

La Bande-annonce de Keep Quiet le documentaire anglo-hongrois de Joseph Martin et Sam Blair :

Le documentaire :

Image

Avec le Rabbi Baruch Oberlander,  Hassid Loubavitch.

Un article du Jérusalem Post : http://www.jpost.com/Jerusalem-Report/A-whole-new-Jew-478706

VAYIGACH : au coeur de nos exils


 

Chagall

Marc Chagall, Joseph reconnu par ses frères

Cette Paracha est l’une des plus émouvantes de la Torah.

Voici donc les fils de Léa en fâcheuse posture. Benjamin a été pris la main dans le sac avec une coupe du vice-roi d’Egypte, Joseph, dans son sac. Les frères ont déchiré leurs vêtements en s’apercevant de ce dernier malheur qui les anéanti (Gn 41, 11). Un pur coup monté par Joseph.

« Le Midrach dit :

« Lorsque la coupe fut trouvée dans le sac de Benjamin, ses frères le frappèrent à l’épaule et lui dirent : Voleur, fils de voleuse ! tu nous fais honte comme ta mère a fait honte à notre père quand elle vola les pénates de Laban (Gn 31, 9 ) » (Midrach Haggadah et Tanhouma)

Le geste de déchirer ses vêtements est une sortie d’amnésie. La première fois qu’il est pratiqué dans la Torah c’est 22 ans plus tôt, lorsque Ruben le fils aîné de Jacob qui a sauvé Joseph en conseillant à ses frères de ne pas le tuer, retourna vers ses frères :

« Ruben revint à la citerne et voyant que Joseph n’y était plus, il déchira ses vêtements, et dit: « L’enfant n’y est plus et moi, où irai je? » » (Gn 37, 29-30)

C’est ensuite Jacob qui a déchiré ses vêtements en signe de deuil en apprenant la « mort » de Joseph dont les frères ont rapporté la tunique tachée de sang en guise de preuve.

« Et Jacob déchira ses vêtements et il mit un cilice sur ses reins et il porta longtemps le deuil de son fils. » (Gn 37, 40)

La déchirure est donc la trace mnésique de la mort de l’innocent. Les frères ont maintenant compris que le malheur qui les affecte est la récompense divine méritée de l’abandon de Joseph en esclavage vingt ans plus tôt. Juda va donc rappeler ce passé qui torture sa famille. Et c’est sur ce discours de Juda, qui n’imagine pas un seul instant s’adresser à une autre personne qu’à un haut fonctionnaire égyptien, que commence notre Sidra. Lire la suite de « VAYIGACH : au coeur de nos exils »

Lekha Dodi : « Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée »


Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée, Le Chabbat paraît, allons le recevoir!

lekhad2« Observe » et « souviens-toi » (1), ces mots, le Dieu unique
Nous les fit entendre en une unique parole,
Le Seigneur est Un, Un est son Nom,
A Lui Honneur, Gloire, Louange!
Refrain : 
Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée, 
Le Chabbat paraît, allons le recevoir!
Empressons-nous à la rencontre du Chabbat,
Il est la source de bénédiction,
Consacré dès les temps les plus lointains,
But de la Création dans la première pensée du Créateur…
(Refrain: Viens…) 
Sanctuaire du grand Roi, Ville Royale,
Debout, relève-toi de tes ruines !
Assez séjourné dans la vallée des pleurs :
Tu es Source des miséricordes du Dieu miséricordieux.
(Refrain: Viens…)
Secoue la poussière, debout !
Remets tes habits de fête, ô mon peuple.
Grâce au fils de Yichaï de Bethléhem,
Mon âme voit s’approcher d’elle le salut.
(Refrain: Viens…) 
Réveille-toi, réveille-toi,
Ta lumière brille, lève-toi, sois illuminée !
Courage, courage, entonne un cantique !
Sur toi resplendit la gloire du Seigneur.
(Refrain: Viens…)
Pour toi plus de honte, plus d’opprobre!
Pourquoi te troubler, pourquoi te tourmenter ?
Chez toi mon peuple, pour ses humbles enfants, trouvera un asile,
Et des ruines ressuscitera la Ville rebâtie.
(Refrain: Viens…)
Ceux qui l’ont dévastée, seront foulés aux pieds,
Et tous tes adversaires mis en fuite,
Ton Dieu mettra en toi sa joie,
Comme le fiancé dans sa fiancée.
(Refrain: Viens…)
Etends-toi à droite et à gauche,
Et glorifie le Seigneur,
Grâce à celui qu’on nomme le fils de Péretz (2)
Voici venir pour nous la joie et l’allégresse.
(Refrain: Viens…) 
Viens en paix, toi qui es la couronne de ton époux,
Viens dans la joie, dans la félicité,
Au milieu des fidèles du peuple élu,
Viens, ma fiancée, viens, ma fiancée!

  1. Voir Exode 20:8 et Deutéronome 5:12 et Talmud babli Chebhouôth 20 b.
  2. Le Messie, d’après Ruth 4:18-22.

Mikets : renoncer à la Toute-Puissance


Voici donc Joseph, « l’homme aux rêves » qui croupit depuis 12 ans au fond de sa prison. L’échanson de Pharaon dont il a interprété le rêve qui a conduit à sa libération il y a deux ans l’a oublié. Joseph a trente ans, son père Jacob cent vingt… il lui en reste encore vingt à vivre pour atteindre l’âge de son père Isaac : cent vingt ans (Gn 35, 28).

Tout semble perdu, sauf, que voilà c’est Pharaon lui-même qui se met à rêver…

Songe de Pharaon – Marc Chagall

Le rêve de Pharaon

« Après un intervalle de deux années, Pharaon eut un songe, où il se voyait debout au bord (al ayor) du fleuve » (Gn 41, 1)

En réalité comme le remarque le Midrach lisant rigoureusement le texte, Pharaon n’est pas au bord du Nil, mais sur le Nil.

« Pharaon eut un songe, il se tenait sur le Nil. Alors que les justes, Dieu se tient (mitqayem) sur eux, comme il est dit : ‘‘le Seigneur se tenait (nitsav) sur lui’’ (Gn 28, 13)» (Midrach Berchit Rabba)

Quand pharaon se prend à rêver il se voit « au-dessus de la vie » qui irrigue toute l’Egypte de ses alluvions fertiles, il la domine, il est divinisé.

La divinisation des rois, une coutume Perse qu’Alexandre le Grand va s’attribuer de son vivant (apothéose) au grand scandale de ses généraux qui devaient se prosterner devant lui à la manière d’un empereur oriental (proskynèse) est une coutume banale en Egypte où le monarque porte couronne, sceptre et coiffe, des attributs royaux mais aussi des dieux comme Atoum, Rê, Osiris ou Horus, considérés comme à l’origine du pouvoir royal et comme les premiers souverains de la vallée du Nil. Quand Pharason est « sur le Nil », il est donc au-dessus de l’origine de la vie comme le Dieu de Jacob était « au-dessus de l’échelle » où montaient et descendaient les anges. Bref, dans ses plus beaux rêves non seulement il côtoie le divin au coude à coude… mais tout simplement il est le divin.

La Torah va passer son temps à contester cette assimilation de Pharaon à la divinité du Nil qui abreuve et vivifie l’Egypte.

« Prononce ces paroles : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici, je m’en prends à toi, Pharaon, roi d’Egypte, grand crocodile, couché au milieu de tes fleuves, toi qui dis: « Mon fleuve est à moi, c’est moi qui me le suis fait! »… Le pays d’Egypte deviendra une solitude et une ruine, et l’on saura que c’est moi l’Eternel parce qu’il a dit : « Le fleuve est à moi, et c’est moi qui l’ai fait. » » (Ez 29, 3.9)

Pharaon entre donc sur la scène de l’histoire juive par un rêve qui en fait le prototype des idolâtres. Pharaon est radicalement hétérogène à Israël comme l’huile et l’eau ne peuvent se mélanger. Joseph va vivre caché à son ombre, mais son successeur va bientôt s’opposer à Moïse comme Nimrod s’est opposé à Avram qui rejetait l’idolâtrie ambiante. Lire la suite de « Mikets : renoncer à la Toute-Puissance »

La lumière et l’ombre


Hanoukia

Le rabbin Akiva Posner a été le dernier rabbin de la communauté de Kiel en Allemagne. sa famille a quitté l’Allemagne en 1933 et est arrivée en Palestine en 1934.

En 1932, juste avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Rachel Posner, son épouse, a pris une photo du chandelier, posé, comme c’est la coutume, sur le rebord de la fenêtre  de son appartement. En face, un bâtiment arborant les drapeaux nazis à la croix gammée.

Cette photo est à Yad Vashem.

Au dos de la photo, elle a  écrit en allemand :

“Hanukkah 5692,

Mort au peuple juif

dit la bannière.

Vive le peuple juif !

crie la lumière.”

dédicacemenorah

Chaque jour nous allumons pour que la lumière monte un peu plus en nous !

HAG AHOUKA SAMEAH ! LA LUMIERE EN VOUS !


Hanouka-Meïr Long